De développeuse web à fondatrice d’une entreprise tech et d’un réseau panafricain, Ethel Cofie incarne la transformation numérique portée par les femmes en Afrique. Au travers de son parcours, elle révèle comment la technologie peut devenir un levier de leadership féminin et d’innovation pour le continent.
Le déclic d’Ethel Cofie dans la tech
Née au Ghana, Ethel Cofie a d’abord suivi des études en informatique (B.Sc.) puis un master en « Distributed Systems » à l’University of Brighton. Très tôt, elle constate qu’elle est « la seule femme dans la salle », aussi bien dans les cours que dans les postes qu’elle occupe. Cette prise de conscience fait éclore une ambition : non seulement réussir dans la tech, mais ouvrir la voie aux autres femmes.
Elle fonde alors EDEL Technology Consulting, société de conseil en solutions numériques, puis crée le réseau Women in Tech Africa (WiTA), présent dans plus de 30 pays.
EDEL Technology Consulting
Sous la houlette d’Ethel, EDEL s’impose comme un acteur de la tech en Afrique et en Europe : « Technology, Innovation and Emerging Markets », lit-on sur son site. Elle y a mené des projets complexes : mobile health financé par la Bill & Melinda Gates Foundation, plateforme de suivi électoral pour la Ford Foundation au Nigeria. Grâce à ses activités, elle « transforme l’Afrique en terrain d’innovation, et les femmes en actrices de cette révolution ».
Women in Tech Africa création de Ethel Cofie
Le réseau WiTA est sans doute l’œuvre la plus visible d’Ethel : des milliers de femmes connectées, des événements dans des pays variés, des programmes de mentorat. L’une de ses initiatives : la Women in Tech Week lancée en 2016, réunissant physiquement et virtuellement plus de 10 000 femmes.
Ethel souligne : « Créer une structure forte est important, mais avant tout, construire une communauté consciente de son potentiel ». Cet engagement va au-delà du simple réseautage : il s’agit de former, d’outiller, de donner la parole, de générer des opportunités.
Vision & enjeux pour les femmes et la tech en Afrique selon Ethel Cofie
D’après Ethel Cofie : « Nous avons tendance à copier-coller Silicon Valley. Nous oublions que notre avantage est déjà ici, en Afrique. » Elle identifie plusieurs leviers :
- la formation ciblée des femmes dans les STEM (science, tech, ingénierie) ;
- la création de réseaux qui grandissent au-delà des frontières nationales ;
- la scalabilité des entreprises dirigées par des femmes, pour qu’elles ne restent pas de petites structures mais deviennent des acteurs majeurs.
Elle insiste sur l’âge et le genre comme atouts plutôt que obstacles : l’expérience de vie, la résilience, la compréhension du terrain africain sont des forces dans un marché numérique globalisé.
Conseils aux lectrices
Pour les femmes intellectuelles, actives, entre 25 et 55 ans qui lisent Topladies, voici quelques clés tirées du parcours d’Ethel :
- Réseau d’abord : un contact qualitatif peut ouvrir plus qu’un diplôme prestigieux.
- Soyez curieuses : la tech n’est pas réservée aux ingénieurs ; la curiosité et la volonté comptent davantage.
- Expérimentez : la peur de l’échec freine trop souvent. Comme dit Ethel : « arrêtez de trop réfléchir, vous trouverez la voie en marchant. »
- Pensez continent : vos ambitions peuvent dépasser les frontières du pays, du moment que vous positionnez votre projet dans une logique panafricaine ou internationale.
- Restez ancrée dans votre réalité : vos origines, votre culture, vos connexions locales sont des atouts, pas des freins.
Projets à venir & ambition de Ethel Cofie
Ethel prévoit d’ouvrir de nouveaux chapitres de Women in Tech Africa dans des pays comme la RDC ou le Bénin, et de renforcer les partenariats avec les grandes plateformes numériques. Son ambition : que la prochaine génération de femmes africaines « ne demande pas juste une place à table, mais qu’elle construise sa propre table ».
