Sous les projecteurs de Paris, les délégations venues du monde entier ont célébré les progrès du féminisme diplomatique. Pourtant, derrière les grands discours, une question persistante a surgi : où sont les femmes handicapées ?
Handicap International, présente à la conférence, a sonné l’alarme. Selon l’organisation, ces femmes — près de 20 % de la population féminine mondiale — restent les grandes oubliées des politiques dites “inclusives”. Invisibilisées dans la santé, la participation politique et la lutte contre les violences, elles subissent une double peine : celle d’être femmes et celle de vivre avec un handicap.
Lors des débats, des témoignages venus d’Afrique ont illustré cette réalité. En Ouganda, certaines femmes handicapées ont été contraintes à la stérilisation sans leur consentement. Au Sénégal, d’autres réclament simplement le droit d’être représentées dans les instances politiques. “L’inclusion n’est pas une faveur, c’est une obligation démocratique”, a martelé Dieynaba Diallo, vice-présidente du réseau WILDAF.
Au-delà de la dénonciation, le message est clair : une diplomatie féministe doit devenir un levier de transformation réelle, pas un slogan. Cela passe par des budgets dédiés, des mécanismes de suivi, et surtout, la reconnaissance des femmes handicapées comme actrices à part entière du changement social et climatique.
Pour Handicap International, l’enjeu dépasse la simple égalité. C’est une question de justice et d’efficacité : aucune politique ne peut réussir en laissant de côté une femme sur cinq.
