En Europe, les français adorent Jodie Foster, mais ce qu’ils admirent peut-être encore plus, c’est la manière dont elle a construit et dirigé sa carrière pendant plus de cinquante ans, avec une maîtrise rare à Hollywood.
Enfant prodige, elle tourne déjà à 3 ans dans des pubs, puis dans des séries. À 13 ans, Taxi Driver (1976) la propulse au sommet. Au lieu de se laisser enfermer dans l’image de la jeune fille fragile, elle impose très tôt ses choix : elle refuse des dizaines de rôles d’ado rebelle pour préparer son avenir. À 17 ans, elle entre à Yale, l’une des meilleures universités du monde, et en sort avec un diplôme de littérature. Pendant que d’autres stars de son âge brûlent leur carrière, elle prend le temps.
Quand elle revient au cinéma, c’est en patronne. Le Silence des agneaux (1991) lui offre son deuxième Oscar à 29 ans seulement. Elle devient l’une des actrices les mieux payées d’Hollywood, mais surtout l’une des plus respectées parce qu’elle décide de tout : ses rôles, ses réalisateurs, ses combats.
À partir des années 2000, elle passe naturellement derrière la caméra. Elle réalise Little Man Tate (1991), Home for the Holidays (1995), Le Complexe du castor (2011), Money Monster (2016) et des épisodes de Black Mirror, Orange Is the New Black ou House of Cards. Chaque fois, elle dirige des acteurs confirmés (Mel Gibson, George Clooney, Julia Roberts) avec calme et précision. En 2024, la saison 4 de True Detective qu’elle produit et dans laquelle elle joue est acclamée dans le monde entier.
Ce qui impressionne les Français ? Son indépendance farouche. Elle a créé sa propre société de production (Egg Pictures) dès 1990, refusé des blockbusters pour garder le contrôle artistique, et imposé sa vie privée loin des tabloïds. À 62 ans, elle est l’une des rares femmes à avoir autant de pouvoir créatif à Hollywood, sans jamais hausser la voix.
Jodie Foster, c’est la preuve qu’on peut être une star planétaire, une réalisatrice exigeante et une femme qui décide seule de son destin. Un modèle de leadership discret, intelligent et durable. Et ça, en France, on trouve ça sacrément classe.
