Puberté et périménopause sous le même toit : comment tenir le cap ?

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Publié par The 19th, l’article de Jennifer Gerson met des mots sur une réalité que vivent de plus en plus de familles : élever une fille en pleine puberté tout en traversant soi-même la périménopause. Entre larmes, irritabilité et incompréhensions mutuelles, beaucoup de mères racontent la même chose : tout le monde change en même temps, et la maison se transforme parfois en terrain mouvant.

Pour la psychologue clinicienne Lisa Damour, spécialiste de l’adolescence, il faut pourtant éviter de tout mettre sur le compte « des hormones ». Puberté et périménopause n’ont rien de symétrique. Chez les adolescentes, ce ne sont pas les variations hormonales du moment qui expliquent les réactions explosives, mais une profonde réorganisation du cerveau. Une « rénovation totale », dit Damour, où les centres émotionnels devancent temporairement les zones dédiées au recul et à la perspective.

Pour les mères, c’est tout autre chose : troubles du sommeil, anxiété, irritabilité… autant de symptômes qui doivent être pris au sérieux et discutés avec un médecin. Se soigner, explique Damour, n’est pas un luxe mais un acte de transmission : montrer à ses enfants comment on prend soin de soi, comment on cherche de l’aide, comment on gère ses émotions sans s’y noyer.

Le point commun entre les deux générations tient en une phrase : « changement égale stress ». La puberté bouleverse les corps, la périménopause bouscule les repères, et cette double transformation peut rendre le quotidien plus fragile qu’on ne l’admet. Pourtant, rappelle Damour, ce qui aide le plus les enfants reste immuable : une présence adulte stable, capable de trouver son équilibre pour mieux soutenir les autres.

Sous le même toit, ces deux passages de vie n’avancent pas au même rythme, ni pour les mêmes raisons. Mais en comprenant ce qui les différencie, les familles peuvent traverser ce tumulte avec un peu plus de lucidité — et beaucoup moins de culpabilité.

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